jeudi 10 juin 2010

Agora - Nuit du prototype, suite

NUiT DU PROTOTYPE le 19 juin, http://agora2010.ircam.fr/936.html

Ouverture de labos

La voix et la synthèse, le geste et l'interaction sonore, l'improvisation, la lutherie virtuelle, les technologies audio avancées pour la production.

Studio 5

16h30 Suivi du geste et interactions sonores
Frédéric Bevilacqua, Norbert Schnell

17h30 Technologies audio avancées
Frédérick Rousseau

18h30 Improvisation assistée par ordinateur
Gérard Assayag, Benjamin Lévy, Laurent Mariusse, percussion

19h30 Improvisation assistée par ordinateur
Gérard Assayag, Benjamin Lévy, Laurent Mariusse, percussion

20h30 Suivi du geste et interaction sonore
Frédéric Bevilacqua, Norbert Schnell

21h30 Technologies audio avancées
Frédérick Rousseau

http://agora2010.ircam.fr/936.html?event=876

Agora 2010, festival du prototype

Créer une intrigue sensible entre le laboratoire, l'université, l'atelier et la société, adresser publiquement des questions issues de l'invention artistique et de l'imaginaire scientifique, éprouver les effets du prototype par les œuvres, c'est immédiatement opérer hors des cadastres des cultures.

L'Ircam expose cette singularité dans un festival des « premières fois », un scénario fait d'innovations et de ruptures, une histoire de prototypes aux répercussions inattendues. Prototypes de Michael Jarrell rencontrant la langue de Heiner Müller, de Sarkis réintroduisant le hasard perdu dans Roaratorio de Cage. Prototype et rêve d'un orchestre parlant chez Jonathan Harvey, d'un théâtre de lumières et d'un « clavier de sensations » chez Gérard Pesson ; première monumentale de Tristan Murail mêlant grand orchestre, chœurs réels et virtuels. Au prototype artistique appartient ce caractère énigmatique entre tous, décelé par Proust dans le septuor de Vinteuil, d'être une « durable nouveauté ». Suite>>

http://agora2010.ircam.fr/

mardi 1 juin 2010

Gérard de Nerval. Petite vie des grands hommes

1808. Gérard Labrunie naît. Il joue dans le clos de Nerval, un champ appartenant à son grand-père. A six ans, il tombe dans une rivière ; sa montre périt. Il danse avec une petite fille du hameau voisin, blonde, grande, grasse, belle. Il crie Racine est un polisson ! à la Comédie-Française et rime en -goth à la mode Wisigoths : escargoth, berlingoth, marigoth, argoth, Victor Hugoth... Dans son nouvel appartement parisien, ses amis peintres peignent qui une Bacchante tenant en laisse des tigres, qui un moine rouge lisant la Bible sur la hanche d'une femme nue. Nerval achète un splendide lit Renaissance pour y coucher son imagination, cependant que lui dort par terre. Nerval voyage dans les Flandres avec Théophile Gautier : il marche très vite, comme une autruche, Gautier bien loin derrière en soufflant comme un dogue qui a avalé une fourchette en léchant un chaudron. Nerval dit au soleil couchant : Bonne nuit, mon vieux, à demain. Entré chez un antiquaire avec 1200 francs, il en ressort avec 1000 francs de dettes, des meubles et une veste à la mode. Nerval raconte aux enfants d'Alexandre Dumas l'histoire du Roi des taupes. Nerval croise une énième blonde au nez aquilin et au col de pigeon gros et gras.

1841 : Première crise de folie. Nerval promène un homard vivant au bout d'un ruban bleu dans les jardins du Palais-Royal.

1843 : Nerval voyage en Egypte. Il a emporté un appareil de daguerréotypie. Au Caire, Nerval s'achète un manteau en poil de chameau, une esclave javanaise de dix-huit ans et une basse-cour. Retour en Europe. Ayant coincé un pan de sa redingote dans les battants d'une porte cochère, Nerval fait semblant d'être adossé et de lire un petit agenda. Nerval préface Les Ballons, histoire de la locomotion aérienne de Félix Tournachon dit Nadar. Place du Carroussel à Paris, chaque matin, Nerval converse avec les perroquets des heures entières. Il leur apporte parfois des cerises. Le kakatoès, pour le remercier, prend une posture acrobatique.

1853, l'année de la folie, Nerval se dit : Je me dis : la nuit éternelle commence, et elle va être terrible. Que va-t-il arriver quand les hommes s'apercevront qu'il n'y a plus de soleil ? Il confond un facteur avec Jean de Bourgogne. Observe les ébats de l'hippopotame du Jardin des Plantes, à qui il jette son chapeau en pâture. Mais Nerval voyage : on ne me trouve pas fou en Allemagne. De retour, lors d'un séjour volontaire à la clinique du docteur Blanche, il est torturé par les infirmiers. Nerval s'enfuit. S'habille en chemise dans le grand froid tonifiant, car les Lapons ne sont jamais malades.

Le 24 janvier 1855, il écrit : Ne m'attends pas ce soir, car la nuit sera noire et blanche. Nerval, quarante-sept ans, est retrouvé pendu dans une ruelle. Son squelette, exhumé en 1867 suite à l'expiration de la concession décennale de l'emplacement, fut replacé dans un cercueil d'enfant, au Père-Lachaise. On a oublié de graver son nom sur la tombe.

(http://www.le-tigre.net/Gerard-de-Nerval.html)