mercredi 27 janvier 2010
vendredi 22 janvier 2010
Le Blog de Laurent Sapir, sur TSF Jazz
Ca parle aussi de cinéma et signale les films intéressants sous l'angle du jazz.
semaine du 20 janvier
vendredi 15 janvier 2010
Quelques titres de films visibles
“Tsar”, de Pavel Lounguine
“La Dame de trèfle”, de Jérôme Bonnell
“Wholetrain”, de Florian Gaag
samedi 2 janvier 2010
Quelques titres et une opinion sur Tetro
Blog Cannes 2009
Les Inrocks racontent le festival au quotidien
| LA GUERRE DES ÉTOILES> Tous les films | Emily Barnett | Julien Gester | Serge Kaganski | Jean-Marc Lalanne | Jean-Baptiste Morain |
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| LE RUBAN BLANC de Michael HANEKE | ![]() | ![]() | ![]() | ||
| A L'ORIGINEde Xavier GIANNOLI | ![]() | ![]() | ![]() | ![]() | |
| LES HERBES FOLLES de Alain RESNAIS | ![]() | ![]() | ![]() | ![]() | ![]() |
| INGLOURIOUS BASTERDS de Quentin TARANTINO | ![]() | ![]() | ![]() | ![]() | ![]() |
| UN PROPHETE de Jacques AUDIARD | ![]() | ![]() | |||
| THE TIME THAT REMAINS de Elia SULEIMAN | ![]() | ![]() | ![]() | ![]() | ![]() |
Articles marqués 'Tetro'
Jeudi 14 mai : Le cas Coppola
La fête d'ouverture de la Quinzaine s'achevait il y a une heure sur un vibrant Dream Baby Dream susurré par Alan Vega, et il est un peu tard pour écrire, alors l'état des lieux journalier se fera bref, même s'il me Articlesfaudrait répondre longuement à Serge, dont je ne partage pas du tout les vues sur l'étrange cas Coppola. Pour aller vite, on fera cela en quatre points :
- A Cannes, cette année, le festivalier s'attachera avec une curiosité vaguement malsaine à ausculter les stigmates de la crise (la CRISE) sur le train de vie de l'imposante machine à paillettes. Après seulement deux jours, le constat est déjà confondant : trains bondés aux côtés d'avions délaissés par les journalistes, producteurs qui rechignent à fêter nuitamment leurs films, plages ouvertes seulement pour moitié, majors hollywoodiennes demeurées chez elles dès lors qu'elles n'ont pas de film à venir défendre, Croisette presque au naturel délestée qu'elle est d'une proportion considérable des affichages promotionnels qui la jalonnent habituellement… Si dans les discours de coins de trottoir rue d'Antibes, il paraît que le cinéma français s'en tire encore plutôt bien, de l'autre côté de l'Atlantique, et en bien d'autres prolifiques territoires de cinéma, on fait grise mine.
- C'est le cas notamment au Japon, d'où nous provenait tout de même l'un des beaux films de la journée, Air Doll de Hirokazu Kore-eda – dont le faux-doux et vrai-violent récit de famille Still Walking sortait il y a quelques semaines à peine sur les écrans français. Son nouveau long-métrage, le septième, est une sorte de fable contemporaine, au postulat immédiatement attrayant : seule interlocutrice d'un homme insignifiant et taciturne, une poupée gonflable (la fine actrice coréenne Bae Du-na, vue notamment dans The Host) accède petit à petit à la vie, et s'échappe, jusqu'à virer tout à fait femme. Autour d'elle gravite une foule éparse de solitaires, qui tous entreprennent à leur manière de combler une faille, une aspiration par le vide au cœur d'eux-mêmes. Dans son joli jeu de balancier entre, disons, les hommes creux de T.S. Elliott et Pinocchio, le conte de Kore-eda ballotte la poupée-femme de main en main, avec plus ou moins de rudesse, tandis que cet être neuf, au départ pure enveloppe vide, apprend dans la douleur à s'emplir d'humanité, notamment – c'est l'une des belles idées du film – par la fréquentation de ce miroir plus vrai que le monde qu'est le cinéma. Air Doll est peut-être un peu long et repassera d'ailleurs par la table de montage de Kore-eda avant de rallier votre multiplexe de proximité. Mais si, à force de langueurs, il épuise parfois quelques-uns de ses charmes et s'empêtre dans sa ronde chorale, il y a de quoi être séduit par sa richesse de ton, entre acidité et sens aigu du miracle, et la grâce d'un ultime réenchantement qui achève d'en faire la première belle pièce d'une prometteuse sélection Un Certain Regard 2009 – avec donc le film de Ghobadi, pas vu, dont Serge dresse les louanges ci-dessous, et dans l'attente trépignante de Mother drame vengeur de Bong Joon-ho (Memories of Murder, The Host), présenté samedi.
- La Compétition, quant à elle, dévoilait cet après-midi le denier rejeton de l'autre cinéaste de genre coréen que les festivals s'arrachent, Park Chan-wook (Old Boy), Grand Prix ici-même de l'édition 2004 à qui, tiens, Tilda Swinton, aurait alors chapardé la Palme pour la remettre à Michael Moore malgré l'enthousiasme du président Tarantino. De cet odieux cinéma, je n'attends pour ma part plus grand chose à force d'exécrer chacune de ses œuvres depuis JSA. Pourtant, nous sommes quelques-uns à avoir cru s'être laissés surprendre par Thirst et son récit structuré par l'attrait scandaleux du gore et du blasphème, où un prêtre viré vampire (l'excellent Song Kang-ho) coïte, assassine et mord à tout va. Pourtant, contre toute attente, les premières scènes introduisaient le film avec une surprenante sobriété, une certaine assurance du trait sans débord. Promesse non tenue, puisque très vite, trop vite, les choses tournent mal. Soudain refont surface les manières tout-à-l'épate, la solennité pompière et une inaltérable morgue dans la peinture complaisante de l'abjection. Et ainsi, tandis que Park Chan-wook retrouve la plénitude de ses moyens, le film nous perd – littéralement, à vrai dire : je n'aurais rien manqué à suivre ceux de mes collègues qui renoncèrent à s'infliger l'ensemble de ses interminables deux heures et quelque.
- Inégale, la journée s'est emballée avec la découverte du nouveau Coppola, Tetro, qui me paraît infiniment plus aimable que Serge ne l'a écrit. L'enthousiasme qu'il suscite assez communément dictera sans doute de belles pages de débat critique aux zélateurs autant qu'aux déçus. Entre temps, il faudrait en dire au moins cela : bien que densément autobiographique, Tetro apparaît en geste parmi les plus déroutants de la filmographie de Francis Ford Coppola. Non sans d'occasionnelles maladresses, c'est une œuvre superbement solitaire, sans cousinage avec qui dialoguer dans le cinéma contemporain – aux uns, aux autres, elle évoquera tout et n'importe quoi : la première phase danoise de Lars Von Trier, Star Wars, et comme tous les scénarios signés par Coppola seul, sa veine la plus abstraite. Tenu par un Vincent Gallo époustouflant et taillé dans un trouble noir et blanc troué de séquences en couleurs entre cauchemar réminiscent et opérette, Tetro se révèle un de ces films bouleversants dont pourtant chacun des effets semble passé au filtre d'une étrangeté, d'une indécidabilité de là où le désir du film va se porter. Avec malice et majesté, le récit y fraie son propre cheminement, imprévisible, versifié, et le découpage narratif a moins à voir avec l'écriture que l'usage somptueux de la lumière, motif sans cesse rabâché par le film, depuis son plan inaugral. On s'échappe parfois des scènes par leur centre, simplement pour trouver en l'inopinée suivante une caisse de résonance. L'époque est indiscernable, et dans l'obscurité qu'ils tissent autour d'eux-mêmes, Tetro et Coppola semblent composer leur propre temps.
Julien Gester
les films d'après la Tribune du 22 décembre
Pas de véritables coups de cœur, cette semaine, sur grand écran si ce n'est « Tetro », le film un brin trop long de Francis Ford Coppola.

Un maître du cinéma, deux réalisateurs appréciés, un auteur maintes fois remarqué. A première vue, les films de la semaine s'annoncent pleins de promesses. Avant de se révéler plus ou moins décevants.
Première escale en Argentine. C'est là que le grand Francis Ford Coppola a planté sa caméra, entrainant dans l'aventure le comédien Vincent Gallo. Ce dernier, plus fiévreux que jamais, y incarne « Tetro », un Américain réfugié à Buenos Aires pour échapper à son père, un grand chef d'orchestre. Jusqu'au jour où son demi-frère sonne à sa porte.
Coppola témoigne ici d'une extraordinaire maîtrise du noir et blanc. D'où une image d'une beauté à couper le souffle qui semble avoir autant envoûté le réalisateur que les spectateurs. Car ce dernier se laisse emporter par son histoire au point de ne plus contrôler le temps.
Reste que « Tetro » permet à Coppola de renouer avec ses thèmes de prédilection - la famille, la rivalité. Il s'agit surtout de l'une de ses œuvres les plus personnelles. Carmine, son père, est musicien et ses enfants travaillent dans le cinéma. Mais si Sofia cumule succès critiques et publics, Roman lui n'a jamais vraiment réussi à se faire un prénom.
Pas si simple
Productrice et scénariste, Nancy Meyers s'est imposée comme réalisatrice avec un film, drôle et jubilatoire, « Ce que veulent les femmes » dans lequel Mel Gibson incarnait un misogyne capable d'entendre la moindre pensée des dames de son entourage. Meyers n'a malheureusement jamais fait aussi bien depuis. Ce qui n'empêche pas sa dernière comédie, « Pas si simple », d'être plaisante. Lorgnant du côté de Feydeau, elle déroule l'histoire d'un couple divorcé (Meryl Streep et Alec Baldwin) qui se rabiboche sur l'oreiller alors que Monsieur est remarié. Au final, Nancy Meyers offre aux spectateurs quelques scènes très drôles, d'autres interminables, une excellente B. O. et pas mal de clichés.
Un film de saison
Le Finlandais Mika Kaurismaki (le frère d'Aki) a pour sa part réalisé un film de saison. Le soir de Noël, trois amis se retrouvent par hasard et décident de passer la soirée dans un karaoké d'Helsinki. Le premier est persuadé que l'enfant dont vient d'accoucher sa femme n'est pas de lui. Le second n'a pas le droit d'approcher son fils, tandis que le dernier est accusé par son gamin d'être responsable de la mort de sa mère. D'abord incarnées à l'écran, ces histoires passionnantes deviennent malheureusement plombantes à partir du moment où les protagonistes les évoquent à huis-clos.
Le soliste
Pour se remettre, quelques notes de musique avec « Le soliste » de Joe Wright (« Orgueil et préjugés », « Reviens-moi »). L'histoire vraie d'une rencontre. Celle entre Steve Lopez, un journaliste à la motivation en berne, et Nathaniel Ayers, un sans-abri, violoniste d'exception, à tendance schizophrène campé par un Jamie Foxx sidérant de justesse dans ce rôle. Complexe, la relation entre les deux hommes émeut, même si elle frôle à la fin le pathos.
The Queen & I
Nahid Personn Sarvestani, Iranienne exilée en Suède, s'intéresse de nouveau à son pays d'origine. Arrêtée en 2004 à la suite de son documentaire primé sur deux prostituées de Téhéran, la réalisatrice se focalise aujourd'hui sur la veuve du Shah d'Iran, Farah Pahlavi. Un choix surprenant de la part de cette ancienne communiste, qu'elle justifie par la problématique de l'exil -vécu par les deux femmes- et l'amour pour un pays dont elles sont toutes deux rejetées. A partir de la genèse du documentaire (explication du projet, prises de contact...) et d'entretiens avec l'ex-impératrice, Nahid Personn Sarvestani propose une approche subjective de cette figure politique, confiant à la caméra ses interrogations, ses sentiments. Réfractaire au départ, la reine finit par se livrer. Un portrait sensible.
Sarah Foulard et Yasmine Youssi



